Le fil d’Ariane

Le savoir contre la barbarie

Orelsan, symptôme de la régression mentale généralisée.

Posted by Maurice Merchier on juillet 27, 2009

Au début du siècle, dans les petites troupes de théâtre itinérantes, il n’était pas bon de jouer le rôle du traître, car des spectateurs attendaient parfois le méchant à la sortie pour lui « casser la gueule ». Dans les années cinquante, Georges Brassens eut des ennuis avec la censure, en invitant à se réjouir avec lui - dans une chanson célèbre - qu’un jeune juge se fasse sodomiser par un gorille : exemples de l’incapacité d’une partie de la population, mais aussi des pouvoirs publics, de comprendre que l’art opère une mise à distance entre le texte et l’auteur, le rôle et l’acteur, l’humoriste et ses personnages… De façon générale, entre l’œuvre et le créateur, que ce soit dans les arts plastiques, au théâtre, au cinéma, en littérature, ou en chansons ; c’est évidemment au second degré que le spectateur ou l’auditeur doivent également se placer pour recevoir, comprendre, interpréter…

Le temps a passé, le niveau d’instruction a augmenté et tous les mois de juillet, les nouveaux bacheliers battent obstinément les records de l’année précédente. L’entendement s’est répandu, et a suffisamment progressé pour que chacun ait compris qu’il ne fallait pas dénoncer à la police Michel Sardou chantant sur des paroles de Delanoë qu’il avait envie de violer des femmes, ni livrer à la justice Michel Berger et Luc Plamondon, parce que dans Starmania des loubards se vantent d’en faire autant aux filles dans les parkings ; tout le monde (ou presque) a compris que les propos racistes ou machistes que Coluche tenait sur scène avaient pour but de ridiculiser les racistes ou les machistes.

Il y a fort à craindre que la déprogrammation d’Orelsan des Francofolies de La Rochelle soit le signe d’un retour du balancier, d’une régression vers les brumes bien-pensantes de ces époques que l’on croyait révolues. La qualité - fort douteuse au demeurant - de la chanson incriminée («  sale pute »)  n’y change rien : le débat sur cette affaire révèle d’inquiétantes confusions dans les argumentations.  Ségolène Royale a-t-elle ou non exercé un chantage aux subventions ? Comme si une déprogrammation sans chantage devenait pertinente !

On invoque le fait que le chanteur a retiré la chanson épinglée de son répertoire, comme si le fait de ne plus l’interpréter en public atténuait le caractère sulfureux de son contenu. Le ministre de la culture rappelle la violence de certains textes de Rimbaud ; on lui répond que Rimbaud… est Rimbaud, et qu’Orelsan ne lui est pas comparable (ce que d’ailleurs F. Mitterrand n’a pas prétendu) ; certes, l’argument selon lequel on peut tout pardonner à ceux qui ont du génie, ou simplement du  talent, mais pas à la piétaille chantante de nos plateaux télévisés ou au tout venant des entrailles d’internet n’est pas absurde, mais il n’existe jamais de critère indiscutable pour faire le partage, et on sait bien qu’il n’est pas possible de garantir le verdict de la postérité.

On invoque aussi le risque d’une prise au premier degré des paroles (et de la gestuelle du clip) de « sale pute », et donc d’une incitation à la violence contre les femmes dans certains milieux, alors qu’il peut tout aussi bien servir de repoussoir ; là encore, nul ne peut savoir quel sera l’effet dominant - car il est à l’évidence divers - d’un texte choc sur les auditeurs/ spectateurs, pas plus qu’on ne peut savoir si les innombrables scènes de viol vues dans les films ou les séries provoquent l’horreur de la chose, ou attisent les fantasmes et incitent à passer à l’acte.

Tous ces dangers ne sont pas nouveaux, et si - même en art - on veut faire prévaloir le risque zéro, l’expurger de toute provocation, et n’en permettre que des formes aseptisées, il faudra aussi - par exemple - faire disparaître de nos musées et de nos expositions la plus grande partie de l’art contemporain et du surréalisme, entre autres. Mais nous y viendrons peut-être (des expositions récentes ont été interdites, et plusieurs commissaires ont déjà eu des démêlés avec la justice).

Il n’est pas possible ici d’analyser les causes de cette régression. Mais on voit bien les liens qu’il y a avec certains traits dominants de l’époque, comme l’aversion pour le risque, (il y aurait beaucoup à dire sur le bruit médiatique autour de la grippe A), et surtout le nouvel ordre moral qui - par exemple - fait du fumeur un être non fréquentable, de l’automobiliste un assassin en puissance, et tend à l’exclure de l’humanité s’il dépasse d’un kilomètre à l’heure la vitesse maximum permise, et d’un milligramme le taux d’alcoolémie autorisé.

Le XXème siècle nous a débarrassés des idéologies, le XXIème risque de nous étouffer sous l’hygiénisme, la police des mœurs, et le nouvel ordre moral. L’art - sous toutes ses formes - risque d’en être la première victime. Comment ignorer l’histoire au point de ne pas savoir que c’est souvent sur un terreau de scandale que les œuvres les plus lumineuses naissent et se développent, avant de défier le temps ?

18 Responses to “Orelsan, symptôme de la régression mentale généralisée.”

  1.   sergego Says:

    Je ne suis pas de ton avis- peut-on tout admettre sous pretexte de liberté de paroles - dans ce cas, si on accepte les paroles viollement sexistes ,on pourrait aussi accepter des paroles rasistes ou antisémites. Je pense que le rap doit s’imposer une auto-censure s’il ne veut pas perdre son sens . Mais s’il ne le fait pas, il faut bien que d’autre le fasse pour lui.
    Amitié démocrates

    Serge

  2.   Maurice Merchier Says:

    Serge, je comprends cette réaction, et moi-même je déteste ce truc. Alors, pour ce qui est de l’auto-censure, oui, cela devrait être; mais par définition, cela ne s’impose pas ! “Que quelqu’un d’autre le fasse pour lui” ? Qui ? Créer un bureau de censure ? un fichier (encore !) sur les chanteurs licencieux ? Et les limites, qui va les définir ? Imagine que de tels dispositifs existent, et qu’on ait un gouvernement fort à droite ? Il y a déjà le précédent des municipalités Front National qui nous en donne une idée. Non. La liberté d’expression, certes, pose des problèmes, mais on ne transige pas avec elle.

  3.   Resh Says:

    Mais on les accepte les paroles racistes et antisémites ! Mais tant que ca reste de la fiction, et que ce n’est pas concu pour soutenir un certain militantisme (Et encore… il y a Dieudonné par exemple)
    Coluche est cité dans l’article avec raison, d’autant que d’après ce que mes parents ont pu me dire, à l’époque, lui aussi une grande partie de la population l’a d’abord pris au premier degrés…

    Les fictions seraient bien bien fade si on ne pouvais y voir de propos sexistes, ou racistes ! Moi les histoires sans vices et sans vilains ne m’ont jamais intéressé…

  4.   Maurice Merchier Says:

    Tout à fait d’accord avec l’essentiel. De l’art aseptisé n’aurait rien de bien exaltant. Il faut comprendre qu’il se situe au niveau de nos inconscients, de nos fantasmes, etc, et que c’est justement en cela qu’il a une fonction d’exutoire, de catharsis, de libération…je suis d’accord aussi pour Dieudonné; lui se situe au premier degré, et confond la scène avec la tribune politique. (et l’inverse !), et c’est une toute autre affaire…

  5.   Fanchette Says:

    Bonjour,

    Et bien moi je considère qu’un garçon qui chante :

    “c’est pas de ma faute si les femmes c’est Belzebuth,
    c’est toutes des p*tes” (je cite de mémoire)

    c’est lui le catho bien-pensant qui régresse. Celui qui lapiderait volontiers la femmes adultère ?

    Sait-il que les comédiens de l’époque de Molière étaient aussi considérés comme mauvais par l’Eglise et enterrés de nuit en cachette ??

    La femme, le démon … quel vieux cliché ! Quel rapport avec la culture, la vraie ??
    Et ce pauvre rappeur qui crache sur les “vieux” ne se précipite-t-il pas justement vers des “anciens” et même des “très anciens” politiques pour se faire soutenir ?? Lamentable.
    Pour mémoire le lien entre orelsan et cali- olivia ruiz qui ont pris son parti aux francofolies, c’est olivier poubelle, leur “tourneur” commun.
    C’est rien que du commerce, tout ça, de l’argent à tout prix, rien d’artistique, ne trouvez-vous pas ?

    Fanchette

  6.   Maurice Merchier Says:

    Que cela soit clair; en aucun cas je ne défends Orelsan et ses chansons. Je n’ai pas su en écouter une jusqu’au bout, et ce n’est pas MA conception de la chanson, et encore moins de l’art en général. Je me place dans ce texte uniquement du point de vue de la liberté d’expression et je mets en garde contre la tentation de la censure, et l’instauration d’un nouvel ordre moral, tentations qui me préoccupent bien plus que les grossièretés de ce chanteur. Cela dans la tradition de Voltaire, et de sa belle formule: “je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous puissiez le dire”. Maintenant, que l’argent pourrisse l’art, j’en suis convaincu, et c’est d’ailleurs le thème d’un autre de mes articles sur ce blog “l’artiste et le marchand”. Mais c’est une autre affaire….

  7.   Resh Says:

    Fanchette >
    Mémoire très douteuse, il dis “les féministes me persécutent, me prennent pour Belzébuth”
    Donc votre argumentation est déjà bonne pour la poubelle.
    C’est dans sale pute que son personnage parle de “démon déguisé en femme” de “bruler dans les flammes”, et de “boite de pandore”, en effet, tout les “vieux clichés”, comme le reste du morceau. Sauf que lui n’est pas croyant, une preuve de plus qu’il s’agit bien de second degrés, mais ca vous n’aurez jamais les capacités et la volonté de le comprendre.

    De plus Orelsan est sur un label indépendant, on a vu mieux pour faire du buisness, et ce buzz, c’est vous et pas lui qui l’avez lancé, et avec 2 ans de retard qui plus est.

  8.   La pie qui chante ! Says:

    Toutes les frontières difficiles à marquer sont cause à conflits.

    Tout peut il être dit, chanté, conté ? L’Art généralement dénonce et porte à réfléchir, s’adressant à l’intelligence des Hommes ! Quoique !

    Combien de personnes trouvent les propos de Dieudonné le mal nommé ! dignes d’écoute ? Doit on le laisser exprimer ses blagues pas toujours drôles ? Certains disent le silence est le plus grand des mépris, je passe en partie la même chose, en ajoutant, combattre de telles déclarations qui ont l’avantage d’avancer à découvert peuvent être combattues par des arguments démontrant le sans issu de tels propos.

    Non à la censure, oui au combat des idées. Si notre parlement représentait toutes les sensibilités de l’hexagone, tout cela pourrait se débattre, les arguments de certains apparaitraient en pleine lumière et en contradiction totale avec les valeurs humanistes qui ont toujours fait avancer l’ Humanité toute entière.

  9.   TMD Says:

    Le problème avec cette chanson c’est que l’artiste comme cela arrive très souvent ne parle pas en son nom mais endosse un personnage. Il est vrai qu’en rap on y est peut-être moins habitué que dans d’autres styles. Pensez-vous que les chanteurs ne chantent que sur ce qu’ils ont vraiment vécu ou sur ce qu’ils pensent vraiment? Non, heureusement pour eux bien souvent. Sans vouloir défendre Orelsan il faut arrêter de vouloir interpréter les paroles d’une chanson comme un discours politique. Au nom du politiquement correct, on devrait alors supprimer tous les personnages de racistes créés par nos humoristes, par exemple.Ce serait bien triste.
    En l’occurrence, certain(e)s féministes éclairé(e)s ont bien compris que “Sale pute” pouvait aussi servir à dénoncer le genre de violences qu’elle évoque, tout comme un personnage de raciste interprété par un humoriste (qui n’est en général pas raciste) sert à dénoncer le racisme. Ca me paraît pourtant évident.
    Enfin, ceux qui n’aiment pas ce que fait Orelsan (c’est mon cas) ont qu’à ne pas parler de lui, c’est la meilleure manière de ne pas lui faire de la pub, plutôt que de le descendre en flèche sur la base d’une seule chanson, car il en a fait d’autres avant et après qui n’ont rien à voir avec “Sale pute”, et dans lesquelles ont peut même trouver les messages inverses!
    Pour résumer, je suis assez d’accord avec Maurice, c’est surtout la marque d’un retour de balancier.
    Bonne continuation.
    TMD.

  10.   Maurice Merchier Says:

    Je voudrais dire à “La Pie qui Chante” que je ne crois pas que l’art s’adresse à l’intelligence. Il s’adresse à la sensibilité, à l’imagination, à des forces obscures du psychisme. Il ne parle pas du monde mais en crée un autre. Et même s’il stimule l’intelligence, ou s’il renvoie au monde (le “message”) c’est par ces détours là. Une oeuvre d’art n’est pas un reportage, ni une analyse scientifique ! Le “combat des idées” est celui des intellectuels, des philosophes, sociologues, économistes, essayistes, etc, mais pas des artistes. C’est d’ailleurs cette différence qui fait que censurer l’art est la preuve qu’on a rien compris à l’art.

  11.   isakri Says:

    Bonsoir,

    Et que pensez-vous du groupe Nique Ta Mère qui a pignon sur rue depuis des années ….. Et dont une des vedettes est bien connue pour ses tabassages en règle, envers les femmes, en général. Marrant, personne ne le censure, celui-là! Il est vrai que, contrairement à Orelsan, il n’irait pas chercher son avocat mais mettrait sûrement des claques à ceux qui lui chercheraient des noises …

    Et puis il fallait bien, pendant les européennes, grapiller quelques voix pour la gauche et les féministes un peu trop serrées du cérébrale ont travaillé pour la chose en question. J’en ai eu des réflexions de l’avoir défendu ce jeune gars et je m’en moque. Soit on censure tout, soit on ne censure pas une seule personne. C’est petit, mesquin et lâche !

    Et quand on n’aime pas, on ignore au lieu de faire de la pub à un gars dont tout le monde se foutait éperduemment, il y a encore quelques mois.

    Parce que à ce compte-là, on n’a pas fini d’en déterrer des textes à la noix, insipides, visqueux et pourfendant l’âme humaine …

    Orelsan dépeint la société et le malaise de certains jeunes qui ont un langage bien particulier ; à chacun son époque. Ne soyons pas réac, svp !

    Il surprend sa petite copine en train de se faire tripoter dans un lieu public et il se saoûle par dépit amoureux. S’ensuit une scène de jalousie, par mail et non physique, ce qui est complètement différent, mais là, il faut comprendre l’astuce.

    La petite copine qui n’a même pas peur, en plus, essaie de lui expliquer qu’il n’est pas souvent là et que c’est pour cela qu’elle l’a trahi. Bravo ! Et si il était parti à l’armée pendant 18 mois, elle aurait fait la tournée des bars en mini-jupe ?

    N’importe qui serait furax de voir son amour en train de folâtrer salacement en public, même un pacifiste.

    Moi, il ne me gêne pas et les gosses le trouvent marrant.

    Par contre ntm, les jeunes que je connais n’aiment pas vraiment. Rien que le nom du groupe les énerve.

    Et puis, je n’apprécierais pas qu’on nique ma mère et mes enfants n’apprécieraient pas qu’on me fasse la même chose.

    Alors, dans quelle société vivons-nous ? Quelle société voulons nous ?

    Ah, oui, j’oubliais : le musée beauboug qui dégueule de gros tuyaux crasseux en plein centre de paris, histoire de mettre l’art au bord de la rue … Ils ont bien fait de le mettre au trou des halles car il n’avait sa place que dans un trou ce truc affreux et insultant pour la vue.

    Et Elvis Presley qui faisait l’amour sur scène en se dandinant ?
    Et ces chanteuses de RNB qui sont une insulte aux femmes tant elles se trémoussent pour vendre leurs disques ???

    Et Mick Jagger avec sa grosse langue rouge qui lèche tout la monde depuis 30 ans ? Sans compter tous les gestes obsènes qu’il faisait sur scène à l’époque où il pouvait encore …

    Et Jhonny qui tue celui qui fait un pas, qui ne fera pas de cadeau … Parce qu’il a tué par amour…

    C’était le rock, la pop, la soul …

    Effectivement, il y a les intouchables, les nantis et les autres, les petits qu’on enquiquine et à qui on fait une pub d’enfer !

    C’est tellement facile d’en prendre un au hasard et de lui tirer dessus à boulet rouges, roses, pardon !

    Excusez, mais j’en entends parler depuis des mois de ce gars et je n’ai jamais pu supporter l’intolérance et l’injustice.

    Cordialement,

    isabelle krief

  12.   une humaine Says:

    Vous n’aimez pas les remarques sur votre âge… “Vieux c…” moi je n’aime pas “Sale p…”

    C’est du domaine des injures sexistes, qui ne se basent ni sur la couleur de la peau, ni sur la culture religieuse, mais sur cette partie de l’anatomie qui se situe entre les membres inférieurs. Nous sommes dans un rapport de domination. Qu’oppose t’on à une femme quand on l’insulte ? On lui oppose le simple fait d’être une femme. C’est à dire, avant tout, de ne pas être un homme.

    L’insulte salit et rabaisse celle qui en est l’objet. Elle la réduit toute entière à son sexe et à ses attributs ou fonctions supposés.

    L’insulteur dit tu n’existes pas, ou plutôt tu n’existes que là où je te laisse exister. Et quand les mots ne suffisent pas, il suffit de passer à l’étape suivante tu mérites le sort d’une truie c’est à dire l’abattoir (Orelsan 2008)

    Heureusement, les rapport dominants dominés ne sont pas des rappports stables. Bien sûr il y a le poids de la culture, de la tradition qu’il est difficile de déplacer, mais aucun pouvoir n’est ni acquis ni éternel, il se déplace constamment.

  13.   Maurice Merchier Says:

    “Une humaine”… Je ne sais pas de quoi vous parlez; sûrement pas de mon article; lisez-le donc. Je vous ferai aussi observer qu’il est tout de même curieux de combattre les injures par des injures, la haine par la haine. Cela revient à approuver et légitimer ce mode de communication. Vous ne me ferez pas tomber dans ce piège.

  14.   vincentb Says:

    J’ai bien peur que - pour continuer d’exister - le rap ne peut que se radicaliser davantage. C’est cette fuite en avant qui m’inquiète.

  15.   françoise Says:

    et les 150 femmes qui meurent chaque année sous les coups de leur compagnon, c’est un progrès !!!

  16.   Maurice Merchier Says:

    Une fois pour toutes…. (mais c’est désespérant que cela ne soit pas compris). Prendre une position sur la liberté d’expression pour un chanteur n’équivaut en aucun cas à adhérer à la lettre de son texte (sans compter que lui-même n’y adhère pas !), et donc à accepter les violences faites aux femmes, qui me scandalisent autant que vous. C’est justement ne pas comprendre cette différence qui est - je le maintiens - une régression mentale.

  17.   hibou17 Says:

    Il serait intéressant que le clip et l’intégrale des paroles de “l’artiste” soient publiés ici. Ça ferait sûrement désordre au milieu des propos très intellectualisés de la défense.
    Maxime Bono, maire (PS) de La Rochelle, homme de culture et ardent défenseur des Francofolies, des nouvelles musiques et de la liberté d’expression, silencieux jusqu’alors, a déclaré (”Sud-Ouest” ce jour ou hier) que si que de telles paroles étaient tenues dans sa ville, il déposerait plainte. Sans doute venait-il de lire les paroles de “l’artiste”. C’est l’acceptation de telles paroles qui serait une régression mentale. Oui, on a le droit de s’élever contre ce qui n’est pas de l’art, mais simplement vendu comme tel. Si demain -ce qu’à Dieu ne plaise- il me prenait fantaisie d’attraper un tambourin, une boîte à rythmes et de déclamer des obscénités sur les juifs, les noirs, faire l’apologie de la vengeance violente à leur encontre, en prétendant que je viens de me faire agresser, et que ceci n’est que de la poésie amère, de l’art, et donc inattaquable, aux yeux de qui trouverais-je grâce ? De personne ? Tant mieux. Ne partons pas de l’axiome : Orelsan est un artiste. C’est à l’œuvre que l’on reconnait l’artiste.

  18.   Maurice Merchier Says:

    “Hibou17″, votre commentaire est intéressant, car vous posez la “vraie” question: ce texte mérite-t-il d’être considéré comme de l’art, et Orelsan est-il “vraiment” un artiste ? Mais on se heurte alors à l’impossible détermination “objective” (c’est-à-dire à partir de l’œuvre) de ce qui est art et de ce qui ne l’est pas. Les plus grands philosophes se sont penchés sur cette question, et aucune réponse n’est vraiment probante. Alors il ne reste qu’un critère, celui de la reconnaissance “institutionnelle”, (relevant elle d’analyses sociologiques) : le fait de passer dans des concerts, d’être invité dans les festivals, de vendre des CD, d’avoir une certaine audience, une certaine notoriété, etc…. toutes choses que vous n’aurez pas en frappant sur vos tambourins ! Et de ce point de vue (et je dis clairement “hélas”), Orelsan doit être considéré comme artiste.

Leave a Reply



XHTML: You can use these tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

 
Fermer
E-mail It
Pour créer un lien vers cet article sur votre site,
vous pouvez copier et coller le code html ci-dessous dans votre page.



Prévisualisation :
Aide : Share this fr est un plugin multi-fonction permettant de diffuser et partager cet article via les réseaux sociaux les plus courants.
Favoris : permet d'enregistrer et partager l'article sur des sites de favoris/bookmarks.

Web Social : permet de diffuser et faire découvrir l'article via les sites sociaux.
Email : permet de recommander l'article à un ami.
Citer : code html à copier coller sur vos pages pour citer cet article.
Télécharger Share this fr